Tu m'as décroché mes étoiles. Tu as donné de grands coups de hache dans notre amour. Tu m'as cassé mon rêve. Tu m'as sonné comme un boxeur. Je ne marche pas encore sur les genoux, mais j'ai les chevilles en coton. Tout se dérobe. Je ne sais plus où aller. Je me cogne. La seule porte de sortie, c'est toi et c'est fermé. J'ai voulu cent fois courir parce que je te voyais, mais, comme dans les aéroports, les baies étaient en verre épais. Ca fait mal quand on croit décoller et qu'on se les prends de plein fouet. Tout s'écroule à cette seconde. Tu meurs debout, le décor s'effondre. Les jambes rentrent dans la tête, la tête s'enfonce dans le sol. Il y a déjà deux nuits que je suis en dessous du degré zéro de la joie de vivre. Deux nuits pendant lesquelles des millions de trains sont passés sur les rails qui cisaillaient ma poitrine.Des trains cons, pleins de clichés et de fausses idées sur toi, pleins de reproches injustifiés et d'accusations sans fondement. Mais aussi des beaux trains,purs comme mon absolu,des trains qui passent sans faire de bruit mais qui découpent la nuit avec de longs couteaux affilés.Les chairs repoussent ensuite, les cicatrices sont propres, mais elles restent là, à jamais, pour témoigner.